Danemark

En février 2011, le Danemark a suspendu une loi criminalisant l’infection ou l’exposition volontaire au risque du VIH, en attendant qu’une étude complète soit menée.

Une affaire très médiatisée en 1994 impliquant un homme vivant avec le VIH, qui était accusé d’avoir eu des relations sexuelles non protégées avec 23 femmes et d’avoir transmis le VIH à un certain nombre de ces femmes, a provoqué une très forte réaction dans le public danois. Le Parlement avait adopté quelques années auparavant une loi décriminalisant la transmission des IST pour des raisons de santé publique relatives à la démotivation des personnes par rapport à l’accès aux services. L’homme accusé d’avoir transmis le VIH a donc été reconnu non coupable.

Le public danois a réagi très fortement contre ce jugement. En réponse à cela, une loi criminalisant de manière singulière le VIH a été rapidement adoptée par le Parlement danois. Pendant plusieurs années, les groupes de plaidoyer et les personnes vivant avec le VIH ne se sont pas sentis en mesure de remettre en question cette loi à cause des séquelles durables de ce cas et du point de vue négatif que cela avait engendré chez de nombreuses personnes au Danemark.

Toutefois, les avancées importantes du traitement du VIH ces dernières années et les preuves démontrant que les médicaments du VIH peuvent réduire l’infectiosité du VIH d’une personne ont redonné à l’organisation danoise de lutte contre le VIH, AIDS-Fondet, l’espoir de pouvoir faire changer la loi sur le VIH. Ils ont élaboré une stratégie permettant d’aller dans ce sens.

Leur but était de chercher à convaincre le gouvernement que les progrès en matière de traitement rendaient de fait la loi danoise obsolète. Ils ont réussi à mettre en avant cet argument et la décision de suspendre la loi a été prise en février 2010, suite à la reconnaissance par le gouvernement que la loi était très vraisemblablement dépassée.

L’étape suivante pour AIDS-Fondet consiste à convaincre le gouvernement que les lois punitives sur le VIH et le SIDA nuisent aux messages fondamentaux de prévention du VIH et de santé sexuelle et qu’il devrait abroger complètement la loi. Un groupe de travail interministériel a été constitué pour entreprendre une révision de la loi et présenter son rapport en 2012.

La campagne de plaidoyer de AIDS-Fondet couvrait diverses activités, notamment :

  • Collaborer avec l’organisation danoise des patients danois, HIV-Denmarket son comité juridique pour rassembler un faisceau de preuves sur l’impact des cas de criminalisation sur les individus impliqués et les personnes vivant avec le VIH au Danemark.
  • Organiser une conférence nationale, avec un débat d’experts sur la décriminalisation du VIH, en présence de parlementaires.
  • Mettre en place des réseaux de spécialistes médicaux du VIH « attentionnés » et de parlementaires.
  • Rédiger des chroniques et les publier dans des journaux nationaux en coopération avec les parlementaires et les cliniciens.
  • Envoyer des lettres aux ministres, aux parlementaires et au Conseil national de la santé et les rencontrer.
  • Participer à des discussions dans les médias.
  • Se joindre à des réseaux internationaux intervenant sur les mêmes questions, par exemple la Commission juridique norvégienne sur le VIH, HIV-Norge, l’ONUSIDA, le juge de la Haute Cour sud-africaine, Edwin Cameron, et le Blog sur la criminalisation du VIH de Edwin Bernard.
  • Recueillir les signatures de 122 organisations à travers le monde soutenant une lettre au Ministre de la justice et au Ministre de la santé, les félicitant de leur décision de suspendre le Code pénal danois et leur demandant d’envisager de retirer la section qui singularise le VIH au cours de leur examen.
Nouvelles brèves sur la criminalisation du VIH
Campagnes réussies à travers le monde

Latest News

  • Canada: Analysis and implications for people with HIV following Supreme Court HIV non-disclosure decisions
  • Video: Seminar on HIV Criminalisation, Berlin, 20 September 2012 (EATG/DAH/IPPF/HIV in Europe)

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